Joyce devant le mur de l'alphabet et ses guirlandes allumées dans Stranger Things

Le mur de l'alphabet de Joyce : la guirlande de Noël devenue téléphone

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Avertissement spoilerCet article évoque des scènes des saisons 1 à 5, sans raconter la fin de la dernière.
En bref

Joyce achète ses guirlandes quelques jours après la disparition de son fils, en novembre 1983. Dans cet article : ce qu'elle comprend avant tout le monde et par quels signes, le mur lettre par lettre et les mots que les ampoules épellent, les trois choix de mise en scène qui rendent la séquence inoubliable, ce que le mur devient jusqu'à la fin de la première saison, les deux décors qu'on lui confond souvent, et sa place dans l'imagerie de la série jusqu'en 1987. À la fin, vous saurez tout ce que ce pan de cloison raconte.

Un alphabet peint à la main sur le mur du salon, une guirlande de Noël accrochée au-dessus, une ampoule par lettre : le mur Stranger Things de Joyce Byers est le décor le plus reconnaissable de la première saison. Il apparaît en novembre 1983, dans le troisième épisode, et il ne sert qu'à une chose : parler à un enfant qui n'est plus là. Deux messages en sortent, « RIGHT HERE » et « RUN », et la scène se termine par une silhouette qui pousse le papier peint depuis l'autre côté. Voici comment cet objet est né, comment il fonctionne, et ce qu'il est devenu.

L'essentiel

  • Épisode : « Chapitre Trois : Petit papa Noël », saison 1, épisode 3
  • Date dans la fiction : novembre 1983, quelques jours après la disparition de Will
  • Réalisation : Shawn Levy, sur un scénario de Jessica Mecklenburg
  • Le dispositif : vingt-six lettres peintes sur trois lignes, une ampoule par lettre
  • Les deux messages : « RIGHT HERE », puis « RUN »
  • Juste après : la créature pousse le papier peint et Joyce sort de la maison
  • Sa fin : Lonnie retire les guirlandes et rebouche le trou du mur dès l'épisode 5
  • Mise en ligne : les huit épisodes de la saison le 15 juillet 2016

Le JournalMis à jour le 16 septembre 2026Lecture 13 min

Avant le mur : ce que Joyce comprend avant tout le monde

Will Byers disparaît le 6 novembre 1983, en rentrant à vélo d'une partie de Donjons et Dragons de dix heures. Dès le lendemain, sa mère refuse la version que la police lui propose. Personne ne la suit : ni les adjoints du commissariat, ni son fils aîné, ni son ex-mari. Le spectateur, lui, sait depuis la première scène qu'elle a raison, et cette asymétrie tient toute la saison.

Le deuxième épisode lui donne sa première preuve, et elle est électrique. Joyce décroche un appel où elle entend une respiration, puis la voix de son fils, avant que l'appareil ne chauffe et ne grille dans sa main. Elle débranche ce qui peut l'être, fait poser un téléphone neuf, et se met à regarder les lampes de la maison autrement. Les ampoules faiblissent et se rallument quand elle parle.

C'est là que le personnage prend une décision que personne d'autre n'aurait prise. Au lieu d'attendre le signe suivant, elle fournit un canal. Quelques jours après la disparition, elle achète des guirlandes de Noël et les tend dans tout le salon. Elle pose une question à voix haute, et une ampoule répond.

Le problème devient alors un problème de débit. Une lampe qui clignote dit oui ou non, rien de plus, et une mère qui cherche son fils a besoin de mots entiers. La solution qu'elle trouve dans le troisième épisode tient dans un pot de peinture noire, et elle ne ressemble à rien de ce qu'un adulte raisonnable ferait dans son salon.

La guirlande à grosses ampoules, celle qu'il faut pour refaire le mur de lettres.

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Le mur Stranger Things, lettre par lettre

Le mur le plus célèbre de la série est un pan de cloison claire, dans le salon d'une maison en bois au bout d'un chemin. Joyce y peint les vingt-six lettres de l'alphabet à la main, en capitales, sur trois lignes irrégulières. Au-dessus, elle fixe la guirlande, une ampoule par lettre. Il n'y a rien d'autre : pas d'appareil, pas de spécialiste, pas de mode d'emploi.

Le fonctionnement est d'une simplicité totale, et c'est ce qui le rend lisible en une seconde. Elle pose une question à voix haute, les ampoules s'allument l'une après l'autre, et elle lit les lettres au fur et à mesure. Deux messages sortent du mur ce soir-là, et ils tiennent en neuf lettres et trois lettres.

Le premier est une position : RIGHT HERE, ici même. Le second est un ordre : RUN, fuis. Les deux se contredisent, et c'est précisément ce qui fait peur. Un enfant dit qu'il est là, dans la pièce, à un mètre, et demande dans le même souffle à sa mère de partir. La série n'explique jamais comment il voit, ni depuis où.

L'avertissement arrive trop tard. Le papier peint se déforme derrière elle, une silhouette pousse la cloison depuis l'autre côté, et Joyce sort de la maison en courant. La séquence dure quelques minutes à peine, et elle contient déjà tout le reste : deux mondes collés l'un à l'autre, et un objet de quincaillerie pour passer de l'un à l'autre.

Pourquoi la scène fonctionne : le décor, la lumière, le son

Le décor, d'abord. Tout ce qui compose la scène est à hauteur de main et d'époque : de la peinture, des clous, une guirlande achetée en magasin, un papier peint fatigué. Rien n'arrive de l'extérieur, rien n'est fabriqué pour l'occasion, et c'est cette absence de matériel qui rend la scène crédible. Dans la réalité, la maison des Byers est une maison privée en bois près de Fayetteville, en Géorgie, à une quarantaine de minutes d'Atlanta ; on l'aperçoit de la route et elle ne se visite pas.

La lumière, ensuite. Tout l'épisode est éclairé par des sources visibles dans le cadre : ampoules, lampes de poche, phares, guirlandes. Quand la lumière devient un moyen de communication, elle cesse d'être un confort d'éclairage, et chaque baisse de tension devient une information. C'est aussi la raison pour laquelle le salon des Byers paraît plus sombre à chaque épisode : on y a débranché tout ce qui n'était pas utile.

Le son, enfin. La scène de l'alphabet se joue presque sans musique : on entend le grésillement des ampoules et la respiration de la mère. La règle vaut pour toute la série et elle est contre-intuitive : plus la scène est irréelle, moins il y a de musique. Le silence laisse au spectateur le temps de lire les lettres en même temps que Joyce.

Reste le cadre, qui explique le reste. La caméra ne quitte presque pas le visage de Joyce alors que l'information est sur le mur : on lit la réponse dans ses yeux avant de la lire sur la cloison. Et le choix des guirlandes n'est pas seulement décoratif. L'épisode s'appelle « Chapitre Trois : Petit papa Noël », et son titre original, « Chapter Three: Holly, Jolly », reprend une chanson de Noël américaine, et la plus jeune des Wheeler y voit la créature dans sa chambre décorée. La série se servira cinq saisons durant d'une image de fête pour montrer une horreur.

Ce que le mur devient jusqu'à la fin de la saison

Le mur n'est pas un décor d'un seul soir. Le corps d'enfant est repêché dans la carrière à la fin de ce même épisode. Dans l'épisode suivant, la ville prépare l'enterrement, et Joyce est la seule à savoir que ce corps n'est pas le bon. Elle retourne devant ses lettres, rebranche la guirlande, et repose sa question.

Cette fois, la réponse ne passe plus par les ampoules. Elle entend la voix de son fils derrière la cloison, arrache le papier peint, et le voit. Le mur cesse d'être un tableau de lettres pour devenir une membrane, et c'est une hache qui finira par l'ouvrir. Le dispositif a fait son travail : il a servi à trouver l'endroit exact où appuyer.

Au cinquième épisode, le mur est démonté. Lonnie, le père de Will, réapparaît à Hawkins, se montre présent, parle d'avocat et d'indemnisation, décroche les guirlandes et cloue des planches sur le trou de la cloison. Les lettres restent, mais le dispositif ne fonctionne plus. La série dit beaucoup en un détail : dans cette ville, les adultes raisonnables effacent les preuves sans même le vouloir.

Les guirlandes, elles, reviennent une dernière fois dans le huitième épisode. Nancy et Jonathan choisissent le salon des Byers pour y piéger la créature, avec un piège à ours, de quoi mettre le feu et une batte cloutée, et ils retendent les guirlandes au plafond. Le même objet change de fonction : il ne sert plus à parler, il sert à prévenir. Quand les ampoules s'affolent, la créature est proche.

Le mur ne sert donc que dans deux épisodes sur huit. C'est court, et c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles on s'en souvient si bien : la série ne l'a jamais usé, ni transformé en gadget récurrent.

L'affiche de la maison des Byers, pour le pan de mur d'à côté.

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Ne pas confondre : la carte du commissariat et les dessins de Will

Trois murs de la série se mélangent dans les souvenirs, et ils n'ont ni le même auteur ni la même fonction. Le premier est celui de l'alphabet : il est de Joyce, il est dans le salon des Byers, il date de novembre 1983, et il sert à recevoir un message.

Le deuxième est celui du commissariat. Le chef de la police y punaise sa carte du comté et son tableau des disparitions, pour quadriller les recherches et tenir le compte de ce qu'il ignore. C'est un outil d'adulte, dans un lieu administratif : il ne parle à personne, il organise.

Le troisième arrive un an plus tard. À l'automne 1984, de retour chez lui, Will couvre les murs de la maison de centaines de dessins au crayon, illisibles un par un, et qui forment, mis bout à bout, la carte des tunnels qui courent sous la ville. Même maison, mêmes cloisons, intention inverse : le mur de 1983 reçoit un message, celui de 1984 en produit un.

La distinction compte pour une raison simple : chacun de ces murs dit quelque chose de celui qui l'a fait. Une mère invente un langage, un policier dresse un plan, un enfant dessine ce qu'il a vu. C'est la même scène filmée trois fois — un personnage devant une surface plane — et chaque fois on comprend qui il est avant qu'il ait parlé.

De la guirlande au pylône : sa place dans l'imagerie de la série

Demandez à quelqu'un de résumer la première saison en une image : il décrira ce mur. Pas la créature, pas le laboratoire, pas le vélo abandonné au bord de la route, mais des lettres peintes et des ampoules qui s'allument. L'image obéit à la grammaire des affiches des années 80 : un cadre large, une source de lumière dans le plan, une couleur dominante, une silhouette reconnaissable. Elle reste lisible en vignette, ce qui explique qu'elle ait été autant reprise.

Le mur a surtout posé une règle dont la série ne s'est plus écartée : l'électricité est un langage. Après les ampoules viennent la radio amateur du collège, par laquelle la bande entend la voix de Will ; l'antenne de dix mètres que Dustin monte sur une colline à l'été 1985 ; et, en 1987, une station de radio entière, dont l'émission du matin sert à faire passer des rendez-vous à ceux qui savent les entendre. Ce qu'une mère tenait sur un clou en 1983, une ville le tient quatre ans plus tard dans un bâtiment et un pylône.

L'objet lui-même ne revient jamais tel quel. Aucune saison ne refait le mur de l'alphabet, et c'est cohérent avec la méthode du récit : les trouvailles ne se rejouent pas, elles se déplacent. En revanche, le mur est devenu la décoration la plus reproduite par les fans, et c'est la plus simple : un mur clair, l'alphabet en capitales irrégulières sur trois lignes, une guirlande à grosses ampoules, une lettre sous chaque ampoule. Le conseil qui revient toujours : des ampoules chaudes plutôt que des LED blanches, parce qu'en 1983 la lumière était orange.

Le mot le plus souvent épelé dans les chambres de fans est celui qui termine la scène. Trois lettres, un ordre, et une mère qui ne l'a pas suivi. C'est peut-être la meilleure définition du récit : un objet de maison, une technique d'époque, et une femme qui refuse la version qu'on lui présente. Le pan de cloison ne coûte rien, n'explique rien, et porte une saison entière sur ses vingt-six lettres.

Le t-shirt de la première saison, celui de novembre 1983.

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Questions fréquentes

Dans quel épisode Joyce peint-elle l'alphabet sur son mur ?

Dans le troisième épisode de la première saison, « Chapitre Trois : Petit papa Noël », réalisé par Shawn Levy sur un scénario de Jessica Mecklenburg. L'action se situe le novembre 1983, quelques jours après la disparition de Will.

Quels mots les guirlandes épellent-elles ?

Deux : « RIGHT HERE », ici même, et « RUN », fuis. Le second arrive juste avant que le papier peint ne se déforme et que Joyce ne quitte la maison en courant.

Comment fonctionne le mur de l'alphabet ?

Les vingt-six lettres sont peintes à la main sur trois lignes, et une guirlande est tendue au-dessus, une ampoule par lettre. Joyce pose une question à voix haute et lit les lettres dont l'ampoule s'allume, l'une après l'autre.

Pourquoi des guirlandes de Noël ?

Parce qu'on est en novembre et que ce sont les lumières qu'on trouve alors dans un magasin. Le titre original de l'épisode, « Holly, Jolly », reprend d'ailleurs une chanson de Noël américaine : la série utilise une image de fête pour montrer une horreur, et elle le refera pendant cinq saisons.

Le mur revient-il dans les saisons suivantes ?

Non. Lonnie décroche les guirlandes et rebouche le trou de la cloison dès le cinquième épisode, et le dispositif cesse de servir. Les guirlandes reviennent une fois, dans le huitième, comme système d'alerte pendant le piège du salon ; ensuite, c'est le principe qui se déplace, vers les radios puis vers une station entière.

Faut-il confondre ce mur avec les dessins de Will ?

Non. Les dessins datent de l'automne 1984 : Will en couvre les murs de la maison, et mis bout à bout ils forment la carte des tunnels sous la ville. Le mur de l'alphabet reçoit un message, celui des dessins en fabrique un.

Comment refaire ce mur chez soi ?

Sur un mur clair, l'alphabet en capitales irrégulières peintes à la main sur trois lignes, puis une guirlande à grosses ampoules fixée au-dessus, une ampoule par lettre. Des ampoules chaudes valent mieux que des LED blanches : en 1983, la lumière était orange.

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